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 Indochine, Diên Biên Phu, vu de l’intérieur…

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Paracolo
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Paracolo

Nombre de messages : 19012
Date d'inscription : 08/03/2009

Indochine, Diên Biên Phu, vu de l’intérieur… Empty
MessageSujet: Indochine, Diên Biên Phu, vu de l’intérieur…   Indochine, Diên Biên Phu, vu de l’intérieur… Icon_minitimeLun 27 Déc 2010 - 4:47

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Diên Biên Phu, vu de l’intérieur…




Les parachutistes, ont été formés et habitués, surtout en Indochine à sauter depuis un avion pour rejoindre les lieux des combats.
Leur tactique de combat, être vif comme l'éclair, agile, souple et manœuvrier comme un félin.

Ils étaient passés maîtres dans la réalisation de l'opération coup de poing, tomber sur leur adversaire là et au moment ou il s'y attend le moins, le terrasser puis repartir aussi vite qu’ils étaient venus.

Ils sont habitués à manœuvrer au grand air, dans des espaces où il faut agir avec précision et rapidité.

Pourtant rien n'a été comparable à Diên Biên Phu.

Il m’a paru intéressant de faire une suite d’articles, parlant de Diên Biên Phu (cela nous changera de l’Algérie diront certains)…
Diên Biên Phu tout le monde connaît l’histoire, elle a été disséquée minute par minute, oui… Mais « au ras des pâquerettes »  comment fut elle ressentie…

En menant un interrogatoire, par livres interposés on peut s’en faire une petite idée…

C’est ce que nous allons tenter de faire…

Tout d’abord revenons un peu sur la situation :

Si, pour la plupart les paras ont sauté en parachute pour rejoindre cette vallée perdue au cours des mois de mars ou d'avril1954, certains n'ont pas quitté le camp retranché depuis le mois de novembre.
Ils ont attendu patiemment le début de l'attaque ennemie...
Très rapidement, ils ont découvert une toute autre forme de combat a laquelle ils n’avaient jamais été préparés et à laquelle ils n’auraient jamais cru devoir être confrontés un jour!

Indochine, Diên Biên Phu, vu de l’intérieur… Dien_510

Ce fut un retour en arrière de trente années, vers la première Guerre mondiale : ses tranchées et ses blockhaus, la guerre de position, les assauts et les contre-attaques, la violence des tirs d'artillerie et leur effets dévastateurs sur les défenses et les hommes…

En un mot comme l’a écrit GRU l'enfer

Bergot, qui servait à la compagnie de mortiers lourds du BEP à Diên Biên Phu, a écrit ces lignes concernant les conditions de combats sur « Eliane 1 » :

... les paras qui remplissent de terre des sacs en caïphen, travail rendu pénible,  la limite de l'insupportable, par la nature du terrain sature de cadavres enterrés, exhumés par les explosions, disloqués dans le sol devenu friable, une espèce de cendre que les obus labourent, projetant dans la poussière puis dans la boue des débris humains plus ou moins décomposés, des corps hachés, autant de soldats inconnus dans l'Histoire ne retiendra pas les noms.
Des milliers de mouches assaillent les combattants et s'agglutinent a la commissure des lèvres, grimpent dans les narines et se regroupent par grappes au coin des yeux.
Impossible de dormir sans risque d'asphyxie.
Pour tenter d'échapper au fléau, certains hommes se fourrent la tête dans les emballages en plastique protégeant les piles des postes radio. lis ne supportent plus l'atmosphère viciée, les mouches et les déflagrations continuelles, mais l'adversaire n'est pas mieux loti


A la lecture de ces lignes, nous serions en droit de nous demander s'il n'y a pas de l'exagération tant la description du lieu et de l'atmosphère parait invivable et macabre…
Pourtant que ce soit ceux qui ont défendu « Eliane 1 » ou ceux stationnés sur d'autres positions du camp retranché de Diên Biên Phu, cette situation a été endurée par tous les défenseurs…
Ce n'est pas une imagination, une fiction, une pure invention de l'esprit destinée a glorifier notre défense. Ce n'est que la réalité et tous ceux que j’ai pu rencontrer de Luciani à Bigeard en passant par d’autres anonymes, me l’ont dit et l’ont vécue.
Parfois très mal, ainsi mon cousin, qui servit au 1er RCP, et qui s’est donné la mort par pendaison quelques mois après son retour… Je lui dédie ces lignes…

Nous battre sur « Eliane 1*», c'est être en enfer, le regarder les yeux grands ouverts, le respirer à pleins poumons…
Comment pourraient-ils oublier un spectacle aussi nauséabond, une vision de cauchemar qu'aucun film d'horreur ne saurait égaler, ni reproduire?
Des morts et encore des morts, quoiqu’ils fassent, où que leurs yeux se posent, ils sont confrontés à cette vision sordide, à cette puanteur, à cette réalité…
Un cauchemar qui se répète le jour, la nuit, sans interruption. Sans limite, sans arrêt, repoussant toujours plus loin les limites visuelles et olfactives qu'un être humain pourrait accepter, ils attendent dans cette atmosphère l'assaut ennemi…

Indochine, Diên Biên Phu, vu de l’intérieur… Bodoi_10
Un bo-doï de la 312

Quand ce n'est pas le cas, ils essayent d'organiser les défenses de la position…
Cette dernière n'a plus rien d'une position militaire bien agencée, aux contours bien définis. Les tirs d'artillerie l'ont progressivement défigurée, obus après obus les tranchées se sont effondrées, les créneaux ont été volatilisés, les abris sont ventres, les réseaux de barbelés sont hachés, la terre est sans cesse labourée. Le paysage est lunaire, jalonné de cratères informes aux contours noircis de poudre…
La fréquence et la puissance des tirs d'artillerie ont transformé la terre qui devient meuble, si fragile qu'elle ne soutient plus les quelques matériaux hétéroclites qui leur servent de superstructures pour les abris et ensevelit les hommes lorsque les obus la secouent…
Pour les secourir, c'est la rapidité d'intervention et le système D qui priment comme le raconte Cledic commandant de la 2e cie du  2/1er RCP (ex 10e BPC):
... ça grenadait sans arrêt mais le plus grave était que les Viets utilisaient beaucoup le mortier de 120 avec des fusées a retard.
Le terrain était tellement meuble car il ne pleuvait pas encore à l'époque et la terre était friable, c'était de la poussière pratiquement. Ils nous envoyaient des volées de 120 qui enterraient les gars.
Alors j'avais fait un système de ficelles ... Sur "Eliane 1 ", c'était affreux parce que, quand ils envoyaient une volée de 120 les gars étaient ensevelis et nous devions tirer une ficelle pour savoir s'ils étaient au bout ou pas. Après nous sortions avec les pelles pour dégager ceux qui étaient enterrés. A ce moment les Viets nous envoyaient du 81 !


Je sais nous sommes là loin des pages glorieuses et des attaques et contre attaques menées en chantant… Mais c’est là le vrai quotidien, au-delà des images d’Epinal c’est ça la guerre, la puanteur, la sueur, le dégoût, les mouches…


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