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 Algérie, Les barricades d'Alger...

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Paracolo
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Nombre de messages : 17995
Date d'inscription : 08/03/2009

MessageSujet: Algérie, Les barricades d'Alger...   Sam 13 Nov 2010 - 7:25

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Les barricades - Plantons le décor



En ce matin du 22 janvier 1960, dans la 403 grise qui l’emmène à Orly, le député Portolano affalé sur le siège arrière de la voiture s’écrie.

- Nous sommes foutus, déclare-t-il d'un ton las et désabusé. On veut relever Massu de son commandement. C'est de la folie, on veut mettre Alger à feu et à sang.

Type même du pied noir, l'avocat Portolano parle avec l'accent chantant et dur à la fois des Français d'Algérie. Sa peau foncée, son crâne à demi déplumé font que ses amis l'appellent pour le taquiner « vieux corbeau ». Sa popularité a voulu qu'il soit le président du groupe de l'Unité de la République à l'Assemblée nationale.
Il parle maintenant de sa récente entrevue avec le Président de la République.

- Cette fois il nous prend pour des c ..., il a été jusqu'à me dire que l'Algérie pourrait être divisée en plusieurs régions. Les territoires qui voteraient pour la France seraient séparés de ceux qui vote­raient pour l'association ou pour l'indépendance. C'est de la folie.

Orly apparut émergeant de la grisaille.
Au rendez-vous, manquait le Président Georges Bi­dault à qui le ministère de l'Intérieur avait signifié cette nuit que sa présence en Algérie était indésirable pour le moment.
Le Président du Comité National de la Résistance, fervent parti­san de de Gaulle en mai 1958 et même bien avant, prit fort mal la chose. « On m'interdit de me rendre en Algérie, mais on ne pourra pas interdire l'Algérie de rester province française », avait-il déclaré de sa voix cinglante de tribun.
Ancien ministre des Affaires étrangères du ministère de Gaulle après la Libération, ancien Président du Conseil il était en fait en résidence surveillée.
Il y avait décidément quelque chose de changé en France…

Dans la Caravelle d'Air France, le député musulman d'Algérie Laradji, arrivé avant les autres passagers, avait déjà attaché sa ceinture.
Cet homme pondéré, intelligent, le contraire de ce qu'on appelle des deux côtés de la Méditerranée un béni-oui-oui, était désemparé.
A lui aussi le général de Gaulle a parlé d'un plan de partage de l'Algérie qui serait appliqué selon le résultat du vote, c'est-à-dire de l'autodétermination. « Mais mon Général, a rétorqué Laradji, il y a cent trente ans que mes ancêtres ont choisi d'être Français. »
Ce choix a d'ailleurs valu à vingt-deux membres de sa famille d'être assassinés par les rebelles.

De toute évidence le général de Gaulle n'avait pas mâché ses mots quand, pour préparer sa conférence sur l'Algérie, il avait reçu séparément, Portolano, Laradji et Lauriol.

Ce dernier, député d'Alger, est un juriste éminent.
A lui aussi de Gaulle avait tenu des propos peu rassurants : « l'Armée ne fait que des conneries, elle a fait l'affaire Dreyfus, elle a fait Pétain, et maintenant elle veut faire l'intégration. Cent mille morts fellagha glorifient une cause. Les magistrats des tribunaux militaires sont des inca­pables et des médiocres .qui font une répression sans nuance, ce ne sont que des exécuteurs de hautes œuvres. Les musulmans ne seront jamais des Français, ils détestent les Français d'Algérie, ils attendent de moi que je leur ramène Ferhat Abbas. »

Alger, sans Ferhat Abbas, mais baigné par le soleil, apparut, enfin, à travers les vastes hublots de la Caravelle.

La ville était calme, trop calme peut-être. A Reggane ­l'heure H était proche, l'explo­sion de la première bombe atomique française n’allait plus tarder.

A l'hôtel Aletti, quelques dames de petite vertu font le couloir comme on fait le trottoir rue Saint-Denis, mais, plus une chambre à louer. Tous les hôtels d'Alger étaient complets, les journalistes étaient à l’affût.

Le jeune avocat Jacques Laquière, trente-trois ans, est un des leaders du Front National Français que dirige Joseph Ortiz. Avocat du barreau d'Alger, Jacques Laquière travaille avec son père le bâtonnier d'Alger.
Membre du Yatching club, descendant d'une vieille famille algéroise, il est classé parmi les «ultras», à un journaliste, ami, lui qui déclare :

- Je pars demain pour Reg­gane, je dois assister à l'explosion de la bombe atomique.

Il rétorque

- Tu as déjà manqué le treize mai, je t'as­sure que tu devrais rester ici. Il va sûrement se passer des évènements importants bientôt. La bombe, c'est peut-être ici qu'elle va exploser.

Mais à Alger on cause, on cause toujours, bien qu'on n'y lise guère Zazie dans le métro…

Sur la route d'Hydra, à côté de l'hôtel Saint­ Georges et à un jet de pierre du Palais d'été, une petite guérite de bois se dresse devant l'état­ major d'Alger au quartier Rignot.
Là, un C. R. S. contrôlait l'entrée de tous les visiteurs, il semblait un tout petit peu anormal que des mili­taires se fissent garder par des C. R. S. !

Au fond de la cour des palmiers donnent à ces bâtiments militaires une allure de bungalow.
A gauche, les petits locaux du cinquième bureau.
Le colonel Gardes s’y active, ...

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