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 Algérie, Le 11e Choc...L'affaire Ben Boulaïd

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Paracolo
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Paracolo

Nombre de messages : 19280
Date d'inscription : 08/03/2009

Algérie, Le 11e Choc...L'affaire Ben Boulaïd Empty
MessageSujet: Algérie, Le 11e Choc...L'affaire Ben Boulaïd   Algérie, Le 11e Choc...L'affaire Ben Boulaïd Icon_minitimeDim 22 Sep 2013 - 16:19

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Le 11éme Choc


L'affaire Ben Boulaïd
Octobre 1955



Pour initier les paras du G.M. aux techniques de l'action clandestine, la « boîte » a expédié en Algérie l'un de ses officiers les plus étonnants peut-être de toute la guerre: le capitaine Krotoff.

Apparemment rien, chez cet homme, ne semble extraordinaire. De taille moyenne, il passerait totalement inaperçu, ne serait la qualité de son regard, cette façon directe de s'adresser à ses interlocuteurs, un rien de tranchant dans sa voix. Discret, ne portant sur sa tenue que les écussons réglementaires d'artillerie - son arme - il ne se présente jamais que comme : « officier canons».

Et pourtant, ce fils d'immigrant russe est l'homme le plus mystérieux du 11e. On ne sait rien de lui que sa légende, vraie ou fausse.
Fait prisonnier en 1940, libéré en 1945, Krotoff ne peut se targuer d'une quelconque appartenance au B.C.R.A. Et pourtant, c'est lui que Morlanne a choisi, dès 1946, pour former, à Cercottes, les agents « Action ».
D'où cette conclusion qu'il y a, derrière cette apparence sans mystère, « autre chose ».
On le pense spécialiste des missions à l'étranger et pourtant, il ne s'est jamais prévalu de son travail, et, même aujourd'hui personne, hormis quelques très vieux anciens de la« Boîte », ne sait réellement qui était Krotoff.

A le voir, il est la distinction même, toute de réserve et d'affabilité lointaine.
Un corps sec, mais un visage aux traits fins, avec un rien de mélancolie slave dans les yeux bleus, dans la voix, dans toute sa personne. L'homme est taciturne et charmeur avec cette délicatesse de l'orgueil poussée jusqu'à la modestie. Mais c'est avant tout un homme d'action. Et si Paris s'est décidé à le lancer dans la bagarre algérienne, c'est parce qu'on estime que là où passera Krotoff, la rébellion naissante connaîtra des échecs graves.

Bien évidemment, Krotoff ne vient pas participer au quadrillage, pas plus qu'il ne commande réellement la batterie d'artillerie dont il est - sur le papier - le chef.

Il est venu pour voir, pour prendre la température.
Avec lui, une équipe réduite à deux officiers, tous directement issus de Cercottes.
Le premier, Ader, est un lieutenant de réserve de trente ans, qui s'est porté volontaire pour servir en Algérie. C'est un curieux spécimen de civil mal adapté à d'obscures tâches paperassières. Il ne rêve que plaies et bosses, ne se console pas d'avoir « raté» l'Indochine, et considère l'armée comme directe­ment issue des Croisades. D'où un certain mépris pour la hiérarchie, une totale désinvolture vis-à-vis de l'uniforme.
Pour Ader, seule la bagarre compte. A le voir on ne peut imaginer qu'il soit autrement qu'ainsi, vêtu d'un vieux battle-dress, le Colt à la ceinture, la carabine en bandoulière dont la bretelle de cuir tranche avec la blancheur d'un pull-over de marin. Ni casque, ni coiffure, Ader se bat tête nue.

Le second officier est à l’opposé. Grand, sec, aristocratique, portant un nom à particule, le sous-lieutenant d'Anglade est passé directement de Saint-Cyr aux paras, puis au « Service ». Il a l'allure d'un adolescent monté en graine, avec un long cou et les bras immenses. Il est à Ader ce que Don Quichotte était à Sancho. Et pourtant, sur le terrain, les méthodes employées sont les mêmes, dures, brutales, efficaces.

Arrivé en décembre 1955, le trio Krotoff-Ader-d'Anglade s'intègre à une centaine du 11e. Il faut s'acclimater.
Et puis, à Noël, Krotoff repart pour Paris. Ce qu'il y dit n'est pas connu avec certitude. En tout cas, l'ordre qu'il en ramène laisse facilement préjuger de ce « briefing au sommet ».
Pour Krotoff, la rébellion algérienne n'est formée que de quelques têtes pensantes, auxquelles obéissent une poignée de combattants déterminés. En dessous, il n'y a rien que des paysans enrôlés de force, maintenus par la terreur.

- Si nous ne frappons pas la tête, la masse de manœuvre des fellaghas sera constamment renouvelée. Pire sans doute, les maquisards - malgré eux deviendront, au fil des mois, des combattants aguerris, irrécupérables, donc dangereux. Il suffit par conséquent d'éliminer, tant qu'il en est temps encore, les quelques chefs identifiés.

Tout le monde approuve. Encore faut-il se mettre d'accord sur le choix de la victime, puis sur les moyens de l'atteindre.
- Pour la « victime », aucun problème, dit Krotoff, il ne faut pas se fixer sur « un » homme, mais sur une technique.

Son idée tient en quelques phrases :
- Fabriquer un piège d'une nature telle qu'il ne fonctionne qu'en présence du chef. Il faut que « l'objet» piégé soit assez important pour lui être amené immédiatement, assez au point pour ne remplir son rôle que devant lui.

Après une longue discussion, la solution du poste radio est retenue. Mais pas n'importe quel poste, car le moindre fellagha se croirait autorisé à le conserver.
On choisit un S.C.R. 694 permet­tant les communications à longues distances; cet appareil équipait naguère les maquis du G.C.M.A.
Pour accroître les chances de réussite, on adopte un modèle ne fonctionnant que sur le courant électrique: il ne peut être question qu'un obscur fellagha trop zélé - ou simplement curieux - puisse le mettre en route.
Or si, en Algérie, seules les localités importantes sont dotées du courant électrique, les P.C. rebelles possèdent, dans le djebel, de petits groupes électrogènes.

Après de nombreuses études du terrain, faites en commun entre les officiers du service «Action» et les délégués du 2e bureau parfaitement renseignés, le choix se porte sur les Aurès.
Plus particulièrement sur une zone à peu près entièrement contrôlée par les rebelles: la vallée de l'Oued Abdi dans laquelle, selon toute vraisemblance, cantonnent d'importants chefs F.L.N.

Zone de faible population, la vallée de l'Oued Abdi est d'un accès difficile, protégée des incursions françaises par un étroit réseau de surveillance, de guetteurs et de sentinelles.

Bien évidemment, le djebel n'est pas électrifié.

Parmi les chefs rebelles des Aurès qui peuvent se trouver dans la région, figurent Adjoul-Adjoul, un des « durs » de la guérilla chaouïa, son alter ego - et rival - Laghrour Abbès(1), peut-être Chibani Bachir, délégué du F.L.N. et chef théorique de la zone.
Avec un peu de chance figure aussi Mostefa Benboulaïd, l'un des chefs « historiques» de la rébellion.

Algérie, Le 11e Choc...L'affaire Ben Boulaïd Benbou10
Mostefa Benboulaïd


Fils aîné d'une des plus anciennes familles chaouïa, Benboulaïd exploitait, avec son jeune frère Omar, une ligne d'autocars entre Arris « capitale» des Aurès et Batna.
Jugé trop « influent» auprès des populations, Benboulaïd subit longtemps les tracasseries de l'administration française, spéciale­ment...


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