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 La vérité d’un Pied Noir sur son pays, l’Algérie coloniale...

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Paracolo
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Paracolo

Nombre de messages : 19012
Date d'inscription : 08/03/2009

La vérité d’un Pied Noir sur son pays, l’Algérie coloniale... Empty
MessageSujet: La vérité d’un Pied Noir sur son pays, l’Algérie coloniale...   La vérité d’un Pied Noir sur son pays, l’Algérie coloniale... Icon_minitimeVen 23 Aoû 2013 - 10:43

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Mi Août, les vacances, un forum calme…
… C’est pourquoi, histoire de ne pas « se prendre la tête », je vous propose de l’histoire sous forme de roman.


La vérité d’un Pied Noir sur son pays, l’Algérie coloniale.



1870…1940 - L’ère des certitudes

Naissance d’un peuple

La rue monte sans cesse en pente plus ou moins raide depuis le passage à niveau, tout en traversant le faubourg d’El Kantara aux maisons souvent entourées de jardinets. Puis elle devient plane sur quelques dizaines de mètres permettant aux marcheurs un répit bienvenu une fois la dernière grimpette franchie ; les chevaux suant dans la chaleur en profitent pour reprendre leur souffle après avoir péniblement gravi la côte en tirant des charrettes parfois lourdement chargées.
La rue tourne alors vers la gauche, passe sur un pont métallique sans prétention, long d’une vingtaine de mètres, au dessus d’une petite dépression appelée avec emphase le ravin par les gamins dont c’est un des endroits de jeu favoris.
Elle parcourt enfin le faubourg Lamy pour finir à l’Ecole Normale d’Instituteurs.
Sur la droite du pont vers la naissance du ravin, à deux ou trois cents mètres, une colline de schiste presque noir porte sur son flanc une grosse bâtisse d’aspect peu engageant, à deux étages, sombre, aux fenêtres minuscules : la ferme.

Poussés par la détresse ou beaucoup plus rarement condamnés à l’exil à cause de leurs opinions politiques, attirés par la perspective d’un sort plus clément, l’Andalou mourant de faim, le Napolitain misérable, les habitants sans avenir sur leurs îles trop pauvres ou trop peuplées comme Malte, la Corse ou la Sicile, le paysan des Causses cultivant un sol ingrat, le bonapartiste ou le communard condamnés à la déportation dans les colonies, l’Alsacien refusant la domination allemande, l’anti-franquiste interdit de séjour dans son pays, arrivaient sur cette terre, bercés de promesses, sans espoir de retour, à des périodes différentes, ignorant que le nom de Colon qui leur était attribué à leur arrivée serait un jour porteur d’infamie pour eux-mêmes et pour leurs descendants: ils ne cherchaient qu’à manger à leur faim dans un pays sûr où ils pourraient construire une vie meilleure pour leurs familles…

Ces immigrants venaient dans une Algérie inconnue.
Peuplée de Berbères depuis la préhistoire, elle avait vécu au cours des siècles quelques épisodes plus ou moins agités quand survint, à partir de 680, le conquérant arabe, par vagues dont celles, particulièrement dévastatrices, des tribus Béni Hillal et Solein arrivées sur son sol aux Xe et XIe siècles.
Une partie des habitants se convertit très vite à l’islam, l’autre résista longtemps à ceux qui voulaient lui imposer par la violence et des discriminations humiliantes leur religion, leur langue et leurs usages, et agirent de même dans tout le Maghreb.
Des Berbères sauvèrent leur dignité, leur vie, leur idiome et leurs coutumes en fuyant vers des massifs montagneux imprenables, entre autre les monts de Kabylie et des Aurès, ou des zones désertiques, mais finirent par être tous islamisés au début du XVIe siècle, on pourrait dire par osmose, en gardant toutefois leur langue, leurs moeurs et quelques restes de leurs croyances païennes…

Une tutelle turque musclée débutant avec le XVIe siècle acheva la ruine de ce pauvre pays…

Au XIXe siècle la mode en Europe était aux colonies.
Le prétexte n’était plus, comme jadis au Maghreb ou en Amérique du Sud, d’amener à un Dieu étranger, au prix de pillages et de massacres, des païens qui s’en étaient très bien passés depuis la préhistoire ; officiellement il s’agissait de supprimer des usages barbares, d’arrêter des guerres tribales, de faire profiter les indigènes des avancées de la médecine et de la science, de les civiliser en douceur tout en respectant leurs coutumes ; en échange on profitait de richesses naturelles inexploitées.

Troc plus qu’équitable : on initiait au progrès, dernière religion qui, elle, allait apporter le paradis sur terre, sans attendre. Qui aurait pu refuser ce marché ? On peut lire dans la présentation de l’Atlas Colonial Français, (Editions de L’Illustration, 1931, page 6) : Faut-il ajouter que ce ne sont pas seulement des questions d’intérêt qui nous incitent à développer notre domaine colonial ? La colonisation […] n’est que la plus haute expression de la civilisation […]. Cette mission civilisatrice nous l’avons toujours remplie à l’avant-garde de toutes les nations et elle est un de nos plus beaux titres de gloire.

C’est ainsi qu’avec une bonne conscience absolue la France de 1830 envoya une expédition militaire vers Alger, nid de pirates turcs sur un territoire anonyme, de l’an mille, qui semblait avoir grand besoin d’un tuteur paternaliste.
A la suite de péripéties déjà décrites sur le forum, elle sortit sans le vouloir du cadre qui prévoyait de n’occuper qu’une zone restreinte autour de cette ville et, sans avoir défini une politique cohérente, elle acheva de pacifier, parfois brutalement, toute cette région, qu’elle baptisera Algérie…
…Conquête laborieuse allégée grâce à une prébende somptueuse métamorphosant le chef rebelle Abd El Kader en un retraité riche et paisible. Enfin elle y attira dès 1850, et surtout après 1870, venant pour la plupart d’îles ou de pays latins, des Européens misérables qui s’y enracinèrent.

Les immigrés faméliques, très souvent façonnés par des années de ventre creux, aventuriers de l’espoir, travailleurs acharnés, durs à la peine, débarquaient dans un pays inconnu où l’espace ne manquait pas, prêts à tout supporter, porteurs du rêve indestructible d’éviter à leurs enfants des jours de misère et de famine humiliantes tels qu’ils en avaient connus eux-mêmes.

L’administration française les dirigeait souvent vers des terres en friche, mesure que Maurice Viollette (homme de gauche, co-auteur, en 1936, avec Léon Blum, lors du front populaire, d’un projet de réformes concernant les Musulmans, dont l’une accordait la nationalité française à plusieurs catégories de ceux-ci avec la possibilité de conserver leur statut coranique) justifiait dans les termes suivants :
A l’origine de notre installation d’immenses superficies demeuraient sans aucune utilité. L’expropriation qui fondait le droit des colons sur cette absence de tout propriétaire utile et leur donnait un titre à la condition qu’ils réalisassent la mise en valeur se défendait donc juridiquement. L’intérêt général était éclatant. Faut-il prendre l’exemple de Boufarik ? Qu’on compare ce pays de marais avant l’expropriation et depuis. La démonstration est péremptoire en présence de cette richesse faisant place à ce néant (Extrait de L’Algérie vivra-t-elle ? page 87. Librairie Félix Alcan, Paris. 1931).

D’autres immigrés étaient établis sur des terres achetées régulièrement, en respectant les lois en usage, à leurs propriétaires musulmans.
Enfin existaient des terres considérées comme prises de guerre saisies par les autorités, dont la superficie totale, il faut le dire, était de beaucoup inférieure à celle de chacun des deux cas précédents.
En aucune façon ces nouveaux venus ne pouvaient être considérés comme les acteurs d’une ruée vers l’or désireux de faire fortune du jour au lendemain. Ils savaient que...

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